Nous avons décidé d’aller à la rencontre d’une favela pour se faire notre propre idée sur ces lieux dont on parle souvent dans l’actualité et au cinéma. Nous ne partons pas seuls ! Mais avec un guide. Il nous explique que se sont des quartiers de gens pauvres qui servent de protection aux trafiquants de drogue. En effet, deux gangs de dealeurs se partagent les favelas de Rio (A.D.A : Amigos dos Amigos (on ne sait pas les amis de qui !) et C.D. : Comando Vermelho) et les seules personnes interdites dans ces quartiers sont la police. Les gangs les accueillent avec des rafales de balles et des roquettes,… Le gang assure lui-même la sécurité des habitants et la stabilité de la favela est indispensable pour son business.
Arrivés en bas de la favela Rocinha (signifiant hommes travaillant la
terre) et étant la plus grosse favela d’Amérique du Sud (entre 150 000 et 300 000 personnes y vivent)), nous montons à toute allure en moto-taxi jusqu'à son sommet. De là, nous avons
une superbe vue sur Rio et ses plages. Les bâtiments qui nous entourent sont à notre grande surprise en béton, de plusieurs étages et ils sont réalisés par des sociétés d’urbanisme à l’aide
d’architecte. On trouve tous types de commerces, de la boulangerie à l’agence de voyage. C’est simplement un quartier pauvre où la police est assurée par un gang de dealeur. Le gang n’hésite pas
à intervenir dans la vie des habitants pour régler divers problèmes ou à investir dans des complexes sportifs pour le "bien-être" des habitants.
En effet, en descendant dans les rues nous avons rencontré des
hommes équipés d’armes d’assaut (fusils, mitrailleuses ou kalachnikov) et de radios de l’armée. C’est un peu comme lors des plans Vigipirate en France sauf que l’arme n’est pas portée par un
militaire mais par un boy du gang plus ou moins camé dont le niveau d’éducation est proche de zéro. Un peu effrayant, mais ils n’ont aucun intérêt à nous agresser s’ils ne veulent pas voir
débarquer la police. Les dealers vendent leur drogue en pleine rue sans se soucier des passants. Il est juste interdit de les prendre en photos.
A notre grande surprise le gang de la favela est plus apprécié par
la population que la police. Le gang gagne son argent sur la drogue sans prélever d’argent sur les habitants du quartier, alors que la police ici est très corrompue. Avec cet argent il achète des
armes pour se protéger : ils en ont vraisemblablement plus que la police de Rio !
Nous avons discuté longuement avec notre guide sur le problème des favelas et des gangs mais il n’existe pas de solution rapide pour radier ce problème et seul l’éducation des démunis le permettra. Cette éducation est en partie réalisée par des associations humanitaires présentent dans la favela comme i2i (Instituto Dois Irmãos). La municipalité de Rio n’a pas laissé tomber ces quartiers: il y a des crèches et des écoles gratuites, le ramassage des ordures est réalisé plusieurs fois par semaine et les travaux de voierie ou d’assainissement sont toujours réalisés.
Suite à cette visite, notre guide nous a ramenés à notre auberge en
longeant les plages mythiques de Leblon et de Copacabana : sacré changement de niveau de vie avec la favela. La plage est bordée d’hôtels luxueux et de bâtiments bourgeois.
Tous les clichés sur Rio
sont là : maillot de bain type string, homme
bodybuildé courant le long de la plage,… Au niveau des châteaux de sable, ça ne rigole pas non plus, on vous laisse admirer.
Après un repas à l’auberge nous partons à la découverte du centre ville : il est joli avec de grands bâtiments de style
colonial, des églises,… Nous rentrons dans une bibliothèque
très ancienne ayant gardée son style d’époque : tout en bois avec d’imposant livres.
Le soir nous avons rendez vous au restaurant avec Anaïs et Emmanuel pour le diner. C’est un buffet délicieux mais la note est fonction du
poids de nos assiettes, gros appétit s’abstenir !
Suite au repas, Pierre part avec Anaïs et Emmanuel pour assister à un match de foot des Flamengos dans le stade mythique
de la Maracaña. Ce stade a contenu lors de la finale de la coupe du monde de 1950 plus de 190 000 personnes et il est très renommé pour son ambiance. Le match
auquel nous avons assisté était un peu décevant, on aurait cru la Ligue1 (en France), score zéro-zéro et malgré que le
stade était qu’à un quart plein il y a eu du tambour et des chants pendant tout le match. Pour l’occasion on s’est même fait faire le drapeau des Flamengos sur la joue. Expérience très sympa mais
on aurait bien aimé assister à un "GGGGOOOOAAAAAALLLLLLLL !!!!!!!!!".


